Solidarité avec le peuple mapuche
Le 10 octobre, le Groupe de travail CLACSO sur les épistémologies du Sud, ainsi que des centaines d'autres organisations, ont adressé une demande d'informations à diverses agences gouvernementales argentines. Ils leur demandaient d'expliquer les raisons et les objectifs du déploiement de forces fédérales lourdement armées dans la région de Mascardi, et de reprendre d'urgence le dialogue afin de trouver des solutions à cette revendication et aux autres revendications du peuple mapuche. Ils ont également informé la juge fédérale Silvina Domínguez de Bariloche.
La zone où se situe la communauté mapuche de Lafken Winkul Mapu et ses environs font l'objet d'un déploiement inhabituel de forces fédérales, dépassant les mesures préventives habituelles. On a constaté un nombre excessif de policiers armés et utilisant des drones et des hélicoptères.
Le « commandement unifié » des quatre forces fédérales a été promu par le ministère de la Sécurité soi-disant pour « prévenir » les actes de violence. En réalité, cette proposition semble reposer sur des stéréotypes culturels et ethniques, puisqu'elle vise exclusivement à contrôler et à persécuter les communautés mapuches.
Ce déploiement des forces de sécurité de l'État est incompatible avec l'obligation de l'État de prévenir et de protéger le droit à l'intégrité physique et mentale des communautés autochtones. Il est également incompatible avec son obligation de non-discrimination, qui s'applique à toutes les autorités de l'État, en particulier à l'égard des communautés autochtones.
Le ministère de la Sécurité doit expliquer la nature de ces mesures préventives, la raison d'être du déploiement d'un si grand nombre d'agents lourdement armés et le but des contrôles routiers. Il doit également préciser s'il a ordonné des opérations de fouille et, le cas échéant, quel en est l'objectif.
Ce déploiement suscite une vive inquiétude car, de plus, plusieurs personnes issues des communautés mapuches de Río Negro soulignent le manque de dialogue avec les autorités fédérales et provinciales pour trouver des espaces d'accord sur leurs revendications historiques.
Dans leur déclaration , les signataires demandent la création des conditions propices à un dialogue. Ils souhaitent que des alternatives à l'intervention violente menée la semaine dernière soient recherchées. À cet égard, nous demandons la tenue d'une réunion dans les plus brefs délais avec les organisations de défense des droits humains et les représentants des communautés mapuches de Río Negro.
12 Octobre 2022
Groupe de travail CLACSO
Épistémologies du Sud
Cette déclaration exprime la position du Groupe de travail « Épistémologies du Sud » et non nécessairement celle des centres et institutions qui composent le réseau international CLACSO, de son Comité directeur ou de son Secrétariat exécutif.
