Suivi des flux de financement de la recherche en Inde : coopération bilatérale, philanthropie et métadonnées ouvertes
FOLEC-CLACSO recommande la lecture de l'étude Suivi des flux de financement de la recherche en Inde : études de cas d’initiatives intergouvernementales, philanthropiques gouvernementales et philanthropiques étrangères, développé par l'équipe de Institut indien des sciences (DST-CPR) dans le cadre du projet international Suivi des flux de financement de la rechercheCe document examine le fonctionnement des différents mécanismes de financement internationaux au sein de l'écosystème scientifique indien, en combinant l'analyse de données publiques, l'examen de documents et des entretiens avec les acteurs impliqués dans l'administration des programmes.
Cette étude s'inscrit dans le cadre du programme de recherche promu par FOLEC-CLACSO visant à comprendre et à mettre en lumière les flux de financement de la recherche internationale en Amérique latine et dans les Caraïbes, et offre un cas comparatif particulièrement pertinent pour les pays du Sud. L'Inde apparaît comme un système fortement piloté par le secteur public : les dépenses de R&D représentent environ 0,6 à 0,7 % du PIB, et près de 55 à 60 % du financement provient de sources publiques, dont une part importante est allouée à des agences axées sur des objectifs stratégiques dans les domaines de la défense, de l'espace et de l'énergie.
L'étude analyse en détail quatre mécanismes de coopération bilatérale – Inde-Allemagne (IGSTC), Inde-France (CEFIPRA), Inde-Japon et Inde-États-Unis (USISTEF) – ainsi que deux initiatives philanthropiques liées au Wellcome Trust/DBT et à la Fondation Gates. Parmi ses conclusions les plus intéressantes figure le rôle des modèles « 2+2 », qui nécessitent la formation de consortiums réunissant des acteurs du monde universitaire et industriel des deux pays, afin de réduire les inégalités de financement.vallée de la Mort» entre la recherche et la commercialisation. Le cas de l'IGSTC montre comment la collaboration entre le monde universitaire et l'industrie est institutionnalisée par le biais de règles de cofinancement, d'exigences partagées en matière de propriété intellectuelle et d'un suivi basé sur des étapes clés, tandis que le CEFIPRA illustre une double stratégie qui dissocie le soutien à la recherche fondamentale collaborative du financement des projets de transfert de technologie orientés vers les niveaux de maturité technologique 4 et 5.
Au-delà de la description institutionnelle, ce document apporte des enseignements précieux au débat sur les métadonnées ouvertes des financements. Les auteurs démontrent que la disponibilité et la qualité des informations publiques relatives aux projets financés demeurent très inégales d'un organisme à l'autre, ce qui limite la comparabilité et le suivi des flux internationaux. L'étude propose de combiner les données administratives des projets, les métadonnées des subventions et des analyses qualitatives des instruments, des conditions et des rapports de force afin de comprendre non seulement le montant des fonds en circulation, mais aussi les règles, les priorités et les effets sur les capacités de recherche locales. Par conséquent, nous recommandons vivement cet ouvrage aux acteurs des politiques scientifiques, de la coopération internationale, de l'évaluation de la recherche et de la gouvernance des infrastructures d'information scientifique ouverte.
Le document complet est disponible à l'adresse suivante : https://zenodo.org/records/20558743. Une future mise à jour de la notice Zenodo inclura également une version espagnole du document, afin de faciliter son accès et sa diffusion au sein des communautés universitaires et des acteurs des politiques scientifiques en Amérique latine et dans les Caraïbes.