Déclaration sur la violence anti-immigrants et le racisme au Mexique
Depuis le samedi 28 août, après une semaine de manifestations, des groupes de migrants haïtiens, centraméricains, sud-américains et africains, organisés en caravanes, ont quitté à pied la ville de Tapachula, dans l'État du Chiapas, à la frontière sud du Mexique avec le Guatemala, en direction du nord. Menés par des Haïtiens, ils exigent de pouvoir circuler librement sur le territoire mexicain pendant l'examen de leurs demandes d'asile par la Commission mexicaine d'assistance aux réfugiés (COMAR) ou de leurs procédures de régularisation auprès de l'Institut national des migrations (INM). En quête de meilleures perspectives d'emploi et de meilleures conditions de vie, ils réclament de pouvoir quitter la « ville-prison » qu'est devenue la petite ville de Tapachula, où des migrants de diverses origines se sont concentrés depuis la réouverture des frontières centraméricaines début 2021.
Les caravanes de migrants organisées ont progressé le long de la route côtière de l'État du Chiapas et, à plusieurs endroits, ont été harcelées et violemment empêchées d'avancer par des commandants militaires de la Garde nationale mexicaine et des agents de l'Institut national des migrations (INM). Des jeunes, des femmes avec enfants et des femmes enceintes ont été piétinés et battus sous l'œil des caméras de journalistes indépendants et locaux, dans une démonstration de force anti-immigrés sans précédent au Mexique, même sous les précédents gouvernements considérés comme ouvertement néolibéraux. En conséquence, deux responsables de l'INM ont été démis de leurs fonctions, une mesure que nous saluons, mais que nous jugeons insuffisante. Ces derniers jours, les caravanes ont été dispersées lors d'opérations surprises et les migrants ont été renvoyés à la frontière avec le Guatemala, même ceux qui étaient munis de documents d'immigration valides.
Nous avons d'abord constaté avec déception, puis avec tristesse et consternation, comment, depuis le décret d'urgence migratoire de 2019 promulgué par l'administration actuelle, le Mexique a fait office de premier rempart contre les États-Unis. À cette occasion, nous condamnons la brutalité exercée contre les migrants racisés dont la seule revendication est de pouvoir vivre sur le territoire mexicain dans la dignité, avec du travail, un logement, des soins de santé, une éducation et la sécurité.
Nous exigeons la fin des violences et du racisme des autorités mexicaines et le respect de leurs droits en tant que migrants et demandeurs d'asile !
Mettez fin à la militarisation du traitement de la question migratoire au Mexique !
La liberté de circulation est un droit !
Vive la lutte des migrants !
2 Septembre 2021
Groupes de travail CLACSO
Frontières : mobilités, identités et commerce
Migration Sud-Sud
Cette déclaration exprime la position des groupes de travail. Frontières : mobilités, identités, commerce et migrations Sud-Sudou nécessairement celui des centres et institutions qui composent le réseau international CLACSO, son Comité directeur ou son Secrétariat exécutif.
