Déclaration sur l'offensive législative contre les droits fondamentaux des migrants au Chili

 Déclaration sur l'offensive législative contre les droits fondamentaux des migrants au Chili

Le 26 novembre, la Chambre des députés de la République du Chili a approuvé, par la lettre officielle n° 20.059, un projet de loi modifiant la loi sur l'immigration et les étrangers (n° 21.325, 2021), qui est désormais soumis au Sénat pour approbation. Ce texte législatif marque l'aboutissement d'une criminalisation sans précédent des migrants ces dernières années, criminalisation à laquelle ont joué un rôle prépondérant les médias, les représentants du monde politique en général et l'État lui-même en particulier.

Les modifications approuvées à ce stade du processus législatif constituent un recul sans précédent dans la reconnaissance et la garantie des droits fondamentaux des populations migrantes, en particulier celles dont le statut a été régularisé par l'État lui-même, sur la base de mesures qui ont acculé les personnes traversant l'Amérique latine en raison de scénarios de violence socio-économique, politique et armée, les poussant entre les mains de facilitateurs et de réseaux criminels qui profitent du déploiement désespéré de stratégies de survie.

Les modifications proposées violent les droits des enfants et adolescents migrants à l'éducation et à la santé ; elles contreviennent aux accords internationaux relatifs à la protection de l'enfance ; elles précarisent davantage les conditions de vie des migrants sans papiers, limitant leurs perspectives d'emploi, de logement et d'accès aux soins ; et elles aggravent la vulnérabilité des victimes de violence domestique, les exposant à des violences économiques du fait de l'expulsion des auteurs de ces violences, parmi d'autres conséquences préoccupantes. De plus, les modifications législatives approuvées visent à institutionnaliser une discrimination étatique et nationaliste dans l'accès aux droits en accordant la priorité aux nationaux, par exemple en matière de garantie du droit à l'éducation.

L'avancement de ce processus législatif au Chili est une évolution inquiétante pour une région comme la nôtre, le continent qui connaît les taux de violence les plus élevés au monde, même en dehors des périodes de guerre. Ce contexte est marqué par des taux de déplacement forcé parmi les plus élevés au monde, dus au terrorisme lié à la drogue, aux violences sexistes, aux régimes autoritaires de toutes tendances politiques, aux industries extractives qui ravagent nos territoires et nos communautés, et à d'autres causes d'inégalité sous toutes leurs formes.

Ce sont ces processus sociaux qui sous-tendent les migrations qui partent de nos territoires, les traversent et y arrivent, une réalité qui constitue une preuve convaincante de la nécessité d'aborder ces phénomènes dans une perspective régionale, en regardant au-delà de nos nombrils nationaux (et nationalistes).

Par conséquent, en tant que membres de Groupe de travail du CLACSO sur les migrations et les frontières Sud-SudNous demandons aux sénateurs de la République du Chili d'empêcher ce recul des droits humains en modifiant une loi qui, déjà, sécurise et restreint la migration et les droits des personnes concernées.
qui y jouent.

Décembre 4 2024
Groupe de travail CLACSO

Migration et frontières Sud-Sud

Ce texte exprime la position du Groupe de travail susmentionné et non nécessairement celle des centres et institutions qui composent le réseau international CLACSO, de son Comité directeur ou de son Secrétariat exécutif.