Processus urbains en Amérique latine : (in)justices et (in)égalités

Le groupe de travail du CLACSO sur les processus urbains en Amérique latine : (in)justices et (dis)égalités étudie les transformations urbaines contemporaines en Amérique latine et dans les Caraïbes comme un moyen privilégié de comprendre les processus par lesquels les inégalités et les injustices sont produites, reproduites, légitimées et également contestées.
Dans une perspective critique et contextualisée, s’inscrivant dans les traditions de la pensée urbaine latino-américaine et des pays du Sud, le groupe de travail s’attache à élargir le champ géographique de l’élaboration de la théorie urbaine. À cette fin, il reconnaît l’hétérogénéité des villes de la région, leurs trajectoires historiques spécifiques et les profondes asymétries sociales, économiques, politiques et territoriales qui les façonnent.
Le Groupe de travail (GT) part d'un postulat central : le lien entre inégalité et injustice n'est ni direct ni automatique. Certaines inégalités sont naturalisées, tolérées ou considérées comme légitimes, tandis que d'autres sont perçues comme injustes et engendrent des conflits, des résistances et des formes d'action collective. Dans cette perspective, le groupe analyse les relations asymétriques et interdépendantes entre l'État, le marché, les organisations sociales, l'activisme et les citadins. Il s'intéresse à la fois aux dynamiques d'exclusion, d'expulsion, de dépossession et d'accaparement de la valeur, et aux pratiques d'autogestion, de solidarité, d'organisation communautaire et de production urbaine collective qui interrogent l'accès à la ville, le maintien dans celle-ci et la jouissance de celle-ci.
Durant la période 2026-2028, le travail collectif sera organisé autour de trois axes interconnectés :
Marchandisation urbaine et extractivisme : financiarisation et spéculation foncière, immobilière, des services urbains et de l’espace public, ainsi que de nouvelles formes de dépossession, d’accaparement, d’exploitation et de recherche de rente.
Droit à la ville : conflits relatifs à l’accès à un logement abordable, à la pérennité des quartiers, à la participation aux décisions urbaines, à la fourniture d’infrastructures et de services, et à la résistance aux expulsions, aux déplacements et aux dynamiques rentières.
Mobilités urbaines inégales : répartition inégale des infrastructures, des temps de trajet, des risques, des conditions d’accessibilité et des possibilités de mobilité, en tenant compte de leurs intersections avec le genre, l’âge, la classe sociale, l’incarnation, le handicap, la racialisation et le territoire.
Le genre et les soins constituent une dimension transversale à ces trois axes.
Par le biais de recherches comparatives, d'activités de formation, de publications, de séminaires, de productions audiovisuelles et d'un dialogue avec les institutions publiques, les organisations sociales et les réseaux universitaires, le Groupe de travail vise à renforcer un agenda latino-américain pour les études urbaines. Son objectif est de produire des connaissances rigoureuses et contextualisées, de contribuer au débat public et de promouvoir des politiques et des pratiques visant à bâtir des villes plus justes, équitables et agréables à vivre.
Ils se coordonnent
Vicente Moctezuma Mendoza
Centre d'études sociologiques
Collège du Mexique
Mexique
[email protected]
Loreto Rojas Symmes
Facultad de Ciencias Sociales
Direction de la recherche et des études supérieures
Université Alberto Hurtado
Chili
[email protected]
Ramiro Segura
École interdisciplinaire d'études sociales avancées
Université nationale de San Martín (UNSAM)
Argentine
[email protected]