Pour le rétablissement de l'état de droit et de la démocratie au Nicaragua
Le Groupe de travail du CLACSO sur la violence, les gouvernements et la démocratie rejette et condamne la grave situation au Nicaragua. Il appelle la communauté internationale à exercer une pression accrue pour mettre fin au régime autocratique et dictatorial qui a systématiquement détruit l'État de droit et la démocratie au Nicaragua.
La situation au Nicaragua ne peut plus être tolérée, compte tenu des milliers de plaintes de citoyens nicaraguayens, du rapport du Conseil des droits de l'homme (mars 2023) qui confirme les graves violations et atteintes aux droits humains, les exécutions extrajudiciaires depuis 2018 et l'existence de crimes contre l'humanité ; de la déclaration de mépris permanent de l'État du Nicaragua par la Cour interaméricaine des droits de l'homme ; de l'annulation de plus de 3 144 statuts juridiques d'organisations nationales et internationales à but non lucratif, de 19 universités et de la confiscation de leurs biens.
Pour défendre la démocratie au Nicaragua, nous rejetons la mainmise sur les pouvoirs législatif et judiciaire, l'instrumentalisation du droit pénal et constitutionnel, et le recours à la loi comme outil de violence pour persécuter et contrôler les citoyens. Des sanctions plus sévères contre le régime de Daniel Ortega et de son épouse Rosario Murillo sont nécessaires de toute urgence. Selon la presse, dans ses récents discours, il envisage de nommer Murillo coprésidente, une fonction qui n'existe pas dans la démocratie nicaraguayenne.
Les événements récents et sans précédent – l’exil de 222 opposants politiques privés de liberté dans des conditions inhumaines et la déchéance de nationalité, ainsi que la privation des droits civils et politiques de 94 Nicaraguayens accusés de trahison suite à la modification de la Constitution politique de la République du Nicaragua – démontrent clairement la nécessité de maintenir et d’intensifier la pression internationale jusqu’à la chute du régime autocratique au Nicaragua. Bien que les Nicaraguayens n’aient pas été envoyés aux États-Unis dans des conditions humaines et que les informations détaillées sur le processus fassent défaut, le message est clair.
Nous nous joignons aux milliers de voix qui exigent la libération des 33 prisonniers politiques, le rétablissement de l'état de droit et de la démocratie au Nicaragua.
Nous réaffirmons notre engagement indéfectible et notre défense de l'état de droit démocratique.
11 Mars 2024
Groupe de travail CLACSO
Violence, gouvernements et démocratie
Ce texte exprime la position du Groupe de travail sur la violence, les gouvernements et la démocratie et non nécessairement celle des centres et institutions qui composent le réseau international CLACSO, de son Comité directeur ou de son Secrétariat exécutif.
