« Les États doivent créer des emplois décents dans le secteur des soins. »
Dans l'InfoCLACSO du 11 septembre, « Les soins sont-ils un droit humain ? », Ana Güezmes García, directrice de la Division des questions de genre de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), s'est entretenue avec CLACSO.tv.
Évoquant les progrès accomplis en matière de prise en charge en Amérique latine et dans les Caraïbes, Güezmes García a souligné : « Cette région parle de prise en charge (…). Le problème, c’est que ces questions ne font pas la une des journaux, et l’on parle généralement davantage du déni et du racisme qui gangrène douloureusement notre région que de ce mouvement de changement de plus en plus constant. Or, nous voulons que ce changement s’accélère. Et nous voulons éviter tout recul. Pour que ces transformations soient majeures, elles doivent concerner la société dans son ensemble. C’est pourquoi la CEPALC a proposé le concept de société du soin. Il ne s’agit pas d’un État-providence, mais d’une société qui s’organise autour d’un nouveau paradigme : préserver la vie, la nôtre, celle des autres et celle de la planète. Dès lors, la question est : de quel type d’État avons-nous besoin pour cette société du soin ? C’est là que les questions de droits humains, de travail décent et de politiques sectorielles entrent en jeu. »
Elle a également souligné : « Je pense que cette question de l’Alliance mondiale pour les soins, de la Conférence régionale sur les femmes et du nombre croissant de groupes qui militent pour ces transformations se pose dans un contexte très difficile, car la réalité est que les gouvernements disposent de très peu de marges de manœuvre budgétaires… Un des points soulevés dans diverses discussions internationales est la nécessité d’une réforme du système financier international, de son architecture. L’Amérique latine et les Caraïbes sont particulièrement touchées ; la plupart des pays y sont endettés. Par conséquent, je pense que les questions de dette, de financement climatique et d’évasion fiscale sont tout à fait pertinentes dans le débat sur les soins. »
« La société du soin est une réponse pour surmonter la crise et bâtir un avenir d’égalité et de solidarité. C’est une réponse que nous portons devant les instances internationales et nationales, et nous voulons qu’elle se traduise par la création d’emplois décents dans le secteur du soin et des progrès dans la protection des droits des soignants et des personnes soignées », a-t-elle ajouté.
Interviewé par Gustavo Lema.
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