L’éducation dans la nouvelle constitution et la cristallisation des revendications sociales : de nouveaux défis pour la promotion de la dignité

 L’éducation dans la nouvelle constitution et la cristallisation des revendications sociales : de nouveaux défis pour la promotion de la dignité

Par Fabian Cabaluz et David Miranda 1

Compte tenu du contexte actuel de changement constitutionnel, qui constitue sans aucun doute un dilemme historique pour l'avenir des luttes sociales au Chili, nous estimons nécessaire d'examiner comment la proposition aborde les questions éducatives et, par conséquent, comment l'État répond aux revendications historiques exprimées par les mouvements éducatifs au cours des dernières décennies.

Dans cet article, nous souhaitons mettre en lumière les aspects clés suivants de la constitution proposée. À titre préliminaire, il nous semble essentiel de souligner que ce texte est incomparable à la constitution rédigée par la dictature et actualisée par la Concertación, car il la surpasse largement en intégrant des thèmes et des problématiques totalement absents de la constitution actuelle. À cet égard, il convient de noter que la proposition contient d'importantes réformes de l'éducation, permettant de progresser vers une éducation fondée sur l'affirmation de la vie sociale, communautaire et écologique, et évitant ainsi la reproduction des limites étroites de l'éducation caractéristiques des modèles du siècle dernier. Parallèlement, elle élargit le champ éducatif pour englober différentes sphères de la société, jugées pertinentes au regard des problèmes actuels aux niveaux local, national et, de fait, mondial. Plus important encore, nous sommes face à une proposition constitutionnelle qui représente des avancées substantielles dans le renforcement de l'éducation publique en tant qu'outil essentiel de construction de la citoyenneté, sans pour autant négliger l'initiative privée ni le droit au libre choix, contrairement à ce que certains voudraient faire croire à la population.

Pour étayer ces affirmations, nous proposons deux axes d'analyse : le premier (I) se concentre sur la manière dont la nouvelle constitution proposée contribue à établir un système d'éducation principalement public, répondant aux demandes historiquement formulées par les organisations sociales, étudiantes et enseignantes ; et le second (II), qui se réfère à la manière dont l'éducation est comprise en termes larges et permanents, surmontant ainsi les perspectives limitées et restreintes qui n'ont pas tenu compte de la complexité du domaine éducatif.

I
La constitution proposée introduit des transformations profondes concernant le rôle de l'État, favorisant le passage d'un modèle d'État subordonné à un État social et plurinational garantissant les droits. Dans cette transformation, l'éducation apparaît comme une responsabilité incontournable de l'État, illustrée notamment par le principe du financement de base des établissements d'enseignement public. Ce progrès est le fruit d'une revendication formulée depuis des décennies par les organisations étudiantes et enseignantes, qui appelaient à dépasser la logique de la subvention et à rompre avec le modèle de financement axé sur la demande. Plus précisément, l'article 35 de la nouvelle constitution stipule : « Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation est un devoir premier et incontournable de l'État. » Il affirme sans équivoque : ce droit est universel. De plus, l'affirmation selon laquelle « l'éducation est un devoir premier et incontournable de l'État » est nuancée d'une manière conforme aux exigences sociales.

Plus important encore, l'article 36.7 stipule expressément : « L'éducation publique constitue l'axe stratégique du système national d'éducation. Son développement et son renforcement sont une mission primordiale de l'État, à laquelle il conçoit, gère et finance un système d'éducation publique laïque et gratuit, composé d'établissements et d'institutions publics à tous les niveaux et pour toutes les modalités d'enseignement. » Autrement dit, dans ce modèle, le système éducatif privilégie l'éducation publique, proposant une conception radicalement différente de celle en vigueur aujourd'hui, où le secteur privé joue un rôle prépondérant et où l'éducation publique doit faire face à une concurrence asymétrique avec l'éducation privée à différents niveaux, de la maternelle à l'enseignement supérieur.

Par ailleurs, la constitution proposée établit plusieurs principes fondamentaux qui structurent et sous-tendent le système éducatif. Parmi ceux-ci figurent la coopération, la non-discrimination, l'inclusion, la justice, la solidarité, l'interculturalité, la prise en compte du genre, le pluralisme, une éducation non sexiste, le respect des droits humains, la justice sociale et le bien commun. Tous ces principes nous permettent d'aborder une autre question historiquement soulevée par les organisations d'enseignants : la remise en question nécessaire et urgente des logiques de gestion et de responsabilité. Ces logiques, conjuguées aux nouvelles vagues de privatisation (endogène), ont profondément imprégné les logiques dominantes du système éducatif, créant une rupture avec ses principaux acteurs : les élèves et leurs familles. En d'autres termes, l'intégration de ces nouveaux principes éducatifs, élevés au rang de principes constitutionnels, nous permet de contester et de faire progresser les logiques néolibérales qui ont creusé les inégalités sociales et socioculturelles dans notre pays.

Les principes susmentionnés ne sont pas de simples abstractions, mais sont intimement liés à la notion de « qualité » en éducation, laquelle, selon la nouvelle proposition constitutionnelle, sera « comprise comme la réalisation des objectifs et principes établis de l’éducation » (art. 35.5). Dans cette perspective, et considérant que les processus sociaux sont dynamiques, progressifs et continus, les principes qui structurent le système éducatif nous permettent, de notre point de vue, de définir de nouveaux programmes de politique publique, ainsi que des stratégies de mobilisation pour les années à venir, éléments essentiels à la mise en œuvre de ces changements. Ces changements constitueront sans aucun doute un nouvel espace pour la construction du tissu social, mais cette fois-ci sans le prétendu « carcan constitutionnel » imposé par la dictature.

Par ailleurs, il nous semble important de souligner le débat autour de la liberté d'enseignement, pierre angulaire sur laquelle repose l'ensemble du système d'enseignement privé de notre pays. Cette liberté a été conçue, conformément à l'article 11 de la Constitution actuelle, comme le droit d'entreprendre des activités éducatives, c'est-à-dire d'ouvrir des établissements d'enseignement et de gérer ou de mener à bien des projets éducatifs privés. La liberté d'enseignement a été le principe qui a façonné notre système éducatif actuel, pratiquement sans limites, jusqu'à il y a quelques années (2015-2017), et bien trop tard au regard des mobilisations étudiantes de 2006 et 2011. Sur la base de cette question, un débat intense s'est développé dans le cadre de la Convention constitutionnelle quant à savoir si la nouvelle Constitution garantirait véritablement la liberté d'enseignement. Or, l'article 41 garantit bel et bien la liberté d'enseignement. Toutefois, il la redéfinit comme la « liberté fondamentale des parents et tuteurs de choisir le type d'éducation pour les personnes placées sous leur responsabilité, leurs enfants ou pupilles, dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant et de son autonomie progressive » (art. 41, alinéa 2). En outre, il est stipulé que les enseignants et les éducateurs seront « titulaires de la liberté académique » (art. 43:3) dans l’exercice de leurs fonctions, dans le respect des objectifs et des principes de l’éducation. Ce principe, auparavant absent de la Constitution, a été défendu par de nombreux enseignants comme un fondement essentiel d’une pratique éducative garantissant des valeurs telles que la justice, la démocratie, la liberté et le pluralisme.

À ce qui précède, il faut ajouter tout ce qui concerne l'enseignement supérieur, où la gratuité des études et l'absence de but lucratif sont garanties. Ces éléments, si la nouvelle constitution est approuvée, acquerront un statut constitutionnel et deviendront une composante structurelle du système. Il s'agit sans aucun doute d'une réponse institutionnelle aux revendications profondes des mouvements sociaux de ces dernières décennies, dont les progrès sont jugés insuffisants par de nombreux secteurs. Plus précisément, l'article 37, paragraphe 6, stipule explicitement : « Les études supérieures menant à l'obtention de diplômes et titres universitaires initiaux seront gratuites dans les établissements publics et dans les établissements privés désignés par la loi. » Cette section offre, à notre sens, l'opportunité d'évoluer vers un modèle plus affirmé de droits sociaux, dépassant la logique du financement familial, pierre angulaire du néolibéralisme dans l'éducation. Elle vise à y parvenir par un processus de démarchandisation du secteur éducatif, permettant de réduire les inégalités sociales et, ainsi, de favoriser la cohésion sociale perdue qui a fragilisé la coexistence démocratique et les conditions de vie de millions de Chiliens.

Pour conclure cette première réflexion, nous estimons qu'il est essentiel de reconnaître constitutionnellement le rôle des enseignants en tant que professionnels au sein du système éducatif national, ainsi que celui des assistants, des éducateurs traditionnels et des personnels de l'éducation, en tant qu'acteurs clés de la garantie du droit à l'éducation. La proposition stipule à l'article 43:2 : « L'État garantit le développement du travail pédagogique et éducatif des personnes travaillant dans les établissements bénéficiant de fonds publics, notamment leur formation initiale et continue, leur pratique réflexive et collaborative, et leur recherche pédagogique en lien avec les objectifs et les principes, en assurant des conditions de travail optimales et en préservant leur autonomie professionnelle. » En effet, l'autonomie professionnelle est un concept fondamental pour la profession enseignante, puisque, pour la garantir, il est explicitement indiqué que « les personnels de l'éducation préscolaire, primaire et secondaire travaillant dans des établissements bénéficiant de ressources de l'État jouissent des mêmes droits que ceux prévus par la loi pour leur fonction respective » (art. 43:3). Autrement dit, s'ils reçoivent un financement public, ils bénéficieront des mêmes libertés, garanties et droits que tout autre agent du secteur public. De plus, la proposition stipule que l'État sera responsable de leur formation initiale et continue, ainsi que de la sécurité de l'emploi dans leur pratique professionnelle. Si l'on considère également, par exemple, ce que la constitution proposée prévoit concernant certains articles relatifs au droit à la santé et au bien-être global, incluant la santé physique et mentale – sachant que l'un des principaux problèmes rencontrés par les enseignants est lié à des troubles de santé mentale –, nous pensons que le potentiel d'amélioration de la profession enseignante est considérable.

II
Un second axe d'analyse porte sur la manière dont une conception large de l'éducation est présentée dans le projet de constitution, ou comment cette notion d'apprentissage tout au long de la vie, qui se déploie dans de multiples sphères de la vie sociale, peut se concrétiser. De notre point de vue, ce projet de constitution offre une compréhension enrichie des devoirs et des principes de l'État, intégrant de nouveaux principes sur des sujets liés notamment au genre, à l'interculturalité, à la nature, au travail, à la démocratie et aux droits humains. Examinons certains de ces sujets plus en détail.

Un premier thème abordé concerne la perspective de genre, élément transversal de la nouvelle constitution, qui se manifeste dans le domaine de l'éducation et est étroitement lié au principe d'une éducation sexuelle complète. Cet élément, fortement revendiqué par les mouvements féministes et les organisations étudiantes, est également un thème central de diverses luttes sociales depuis des décennies. L'article 40 de la proposition stipule : « Toute personne a le droit de recevoir une éducation sexuelle complète qui favorise la pleine et libre jouissance de sa sexualité, la responsabilité, l'épanouissement affectif, l'autonomie, le respect de soi et le consentement. » Ceci est fondamental pour tous, car cela contribue à la reconnaissance de la diversité des identités transgenres et des expressions de la sexualité, permettant ainsi d'éradiquer les stéréotypes de genre et de prévenir les violences sexistes et sexuelles. Si la proposition constitutionnelle est approuvée, les enseignants seront confrontés à d'immenses défis concernant leur formation ; nous aurons à assumer un rôle et une tâche incontestablement colossaux. De même, il est tout aussi important que tous les agents publics, y compris les forces armées et les forces de l'ordre, et plus particulièrement les carabiniers, intègrent et/ou renforcent leur formation à la question du genre. De ce point de vue, les questions de parité et de violence sexiste influenceront sans aucun doute tous les aspects, des programmes scolaires aux diverses initiatives éducatives destinées à la communauté.

Un second thème concerne les défis considérables posés par l'interculturalité et la plurinationalité dans l'éducation. De notre point de vue, tout ce que la proposition constitutionnelle indique concernant la reconnaissance politique et juridique des peuples et nations autochtones, la reconnaissance du Chili comme État multilingue, le pluralisme juridique, ainsi que la reconnaissance et l'importance du dialogue horizontal et transversal entre les diverses visions du monde de ces peuples et nations, implique une réflexion sur l'éducation interculturelle et la décolonisation de l'épistémè de l'éducation. Cette épistémè est incroyablement riche, dense et complexe, et il est donc essentiel de la développer et de la renforcer. De ce constat émergent des défis liés à la formation initiale et continue des enseignants, aux transformations nécessaires et urgentes du curriculum national, à l'importance de faire progresser la déconstruction du colonialisme (tant externe qu'interne), ainsi que des phénomènes qui lui sont intrinsèques, tels que l'eurocentrisme et l'épistémicide des savoirs ancestraux au nom de la modernité. Il s'agit de donner une plus grande place aux communautés et aux territoires dans les pratiques éducatives, dans une perspective d'émancipation. Cela peut paraître un chemin difficile et ardu, mais il est absolument stimulant pour ceux qui s'engagent à changer ce pays en profondeur.

Un troisième thème majeur concerne la relation entre l'éducation et la nature. À ce sujet, la proposition stipule : « Les peuples et les communautés sont interdépendants de la nature », ce qui signifie que nous dépendons d'elle et que sa préservation dépend de nous ; nous formons donc un tout indissociable avec elle (art. 8). Cette nouvelle constitution introduit une nouveauté dans l'histoire du pays : elle établit que « la nature a des droits » (art. 127). Dès lors, si la nature a des droits, « l'État a le devoir de les protéger et de les respecter ». Elle précise ensuite que « l'État doit adopter une administration écologiquement responsable et promouvoir l'éducation environnementale et scientifique par le biais de la formation continue » (art. 127, alinéa 2). Tout ce qui est énoncé en termes constitutionnels concernant le droit à la nature, à un environnement sain, au droit à un air pur (art. 105), à un accès responsable à la nature, à l'éducation environnementale et scientifique, à la protection de l'eau et des biens communs naturels (art. 134), à la création du médiateur pour la nature (art. 148), à l'éducation fondée sur l'empathie et le respect des animaux (art. 131), tout cela, selon nous, pose d'énormes défis en termes de lien entre l'éducation et la nature, et doit être mis en œuvre dans le cadre de l'éducation formelle, ainsi que dans les espaces d'éducation non formelle et informelle.

En quatrième lieu, nous souhaitons aborder le lien entre éducation et travail, en nous appuyant sur les dispositions de la Constitution proposée. Celle-ci reconnaît le droit à un travail décent et garantit la santé, la sécurité, le repos et les loisirs à celles et ceux qui contribuent à la richesse du pays. Toute forme d'emploi précaire est interdite (article 46, paragraphe 8), et le travail domestique et de soins est reconnu (article 45, paragraphe 2). L'accent est mis, entre autres, sur le droit de se syndiquer, de négocier collectivement et de faire grève (article 47). Nous tenons à souligner que, dans toutes les questions relatives au travail, la prise en compte des enjeux éducatifs soulève d'importants défis. Or, les dispositions de la proposition concernant le lien entre éducation et travail sont plutôt limitées, ce qui témoigne du peu d'importance accordée à ce débat essentiel au sein de notre société. Selon nous, le lien entre éducation et travail ne se limite pas à la simple notion d'éducation au travail, mais concerne une dimension fondamentale de la production et de la reproduction de nos vies, ce qui ouvre indéniablement d'immenses perspectives pour le domaine de l'éducation et de la pédagogie.

Enfin, cinquièmement, nous estimons que la proposition constitutionnelle apporte des contributions importantes au développement des liens entre éducation, démocratie et droits humains. Selon nous, elle reconnaît qu'il ne suffit pas de critiquer les formes que prend la démocratie représentative ; il est également essentiel de promouvoir des formes de démocratie directe, communautaire et participative. La proposition souligne la multiplicité des moyens d'exercer la démocratie : elle reconnaît la démocratie participative et égalitaire, le droit à une participation effective et contraignante aux questions d'intérêt public (art. 152), l'existence de différents mécanismes de démocratie directe régionale et le mécanisme d'initiative populaire législative (art. 157). En résumé, si l'on considère l'ensemble de ces concepts, cette conception globale de la démocratie et de la participation, un programme de travail conséquent s'ouvre à nous pour l'éducation politique et civique.

Outre les points déjà évoqués, la proposition met fortement l'accent sur l'éducation aux droits humains, notamment au sein des forces armées et des forces de l'ordre, comme le stipule l'article 299, paragraphe 5 : « L'instruction militaire est fondée sur le respect des droits humains. » De même, une disposition très similaire concerne la police : « Le recrutement et la formation des policiers sont libres et non discriminatoires, et leur instruction et leur formation sont fondées sur le respect absolu des droits humains » (art. 297). L'ensemble de ces dispositions acquiert un statut constitutionnel. Intégrer l'éducation aux droits humains au sein des forces armées et de la police à ce niveau représente sans aucun doute un progrès considérable, d'autant plus que les violations des droits humains persistent sur le territoire de Wallmapu et que le soulèvement populaire d'octobre 2019 a notamment conduit à ce référendum constitutionnel. En effet, si le lien direct entre les droits humains et les forces armées et les forces de l'ordre est évident, quel est le meilleur moyen de progresser dans ce domaine ? L'éducation. Ils doivent être éduqués et formés dans cette optique. On comprend donc que l'éducation est fondamentalement considérée dans le projet de nouvelle constitution comme l'un des piliers de la nouvelle entente entre l'État chilien, ses citoyens et les forces armées et les forces de l'ordre.

En conclusion, et sur la base des éléments présentés dans ce document, nous appelons les enseignants, les professionnels et les travailleurs de l'éducation, les éducateurs communautaires et l'ensemble de la population du territoire à se rendre aux urnes le 4 septembre prochain, sans crainte, et à voter pour l'option « Approuver », afin de progresser dans la construction d'un Chili plus démocratique, plus juste et plus digne, un Chili qui représente plus fidèlement et plus efficacement les revendications des mouvements sociaux, afin de défendre efficacement les droits sociaux de chacun d'entre nous qui vivons dans notre pays.

1Les auteurs sont professeurs et chercheurs à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Playa Ancha. Fabián Cabaluz est co-coordinateur du groupe de travail CLACSO « Éducation populaire et
pédagogies critiques.

Cet article a été initialement publié dans : http://lemondediplomatique.cl/la-educacion-en-la-nueva-constitucion-y-la-cristalizacion-de-las-demandas.html


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