Entre l'attente et l'installation
Le document présente les résultats du projet de recherche « Entre attente et installation : intégration professionnelle et résidentielle des immigrants et des personnes déplacées dans les villes frontalières du nord du Mexique : les cas de Tijuana et de Ciudad Juárez ».
Entre 2016 et 2019, les villes mexicaines frontalières des États-Unis ont connu un afflux migratoire sans précédent. De par leur origine (principalement haïtienne, hondurienne, salvadorienne, guatémaltèque, ainsi que des Mexicains déplacés internes et des personnes expulsées des États-Unis) et par le caractère collectif de leurs déplacements (en groupes et en caravanes), ces mouvements constituaient un phénomène inhabituel dans une région qui, depuis cinquante ans, est une zone de transit et d'installation progressive pour les migrants.
Tijuana fut la première ville à accueillir les premières vagues migratoires en 2016, avec environ trois mille migrants haïtiens. Fin 2018, plus de six mille personnes étaient arrivées à différentes dates, toutes appartenant aux « caravanes de migrants centraméricains ». Quelques mois plus tard, mi-2019, Piedras Negras, dans l’État de Coahuila, accueillait une nouvelle vague de près de deux mille Centraméricains au sein d’une caravane. Simultanément, un flux d’environ quatre mille personnes, majoritairement d’origine cubaine, arrivait à Ciudad Juárez. Plus discrètement, d’autres contingents de migrants centraméricains continuaient d’arriver dans diverses villes le long de la frontière nord du Mexique.
Dans un contexte de restrictions croissantes aux passages frontaliers et à l'asile aux États-Unis, ces nouveaux flux migratoires ont posé divers défis pour l'intégration sociale et civique des personnes en déplacement, en termes d'emploi, de logement et de papiers.
Ce document présente des résumés des rapports de recherche approfondis menés dans le cadre du projet « Entre attente et installation : insertion sur le marché du travail et stratégies résidentielles des populations migrantes dans les villes frontalières du nord du Mexique : les cas de Tijuana et de Ciudad Juárez » (Analyse de l’insertion sur le marché du travail et des stratégies résidentielles des populations migrantes dans les villes frontalières du nord du Mexique : les cas de Tijuana et de Ciudad Juárez), réalisé par une équipe de chercheurs d’El Colegio de la Frontera Norte, avec le financement du Centre d’études sur le travail et l’éducation de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA Labor Center) et du Centre de solidarité (AFL-CIO), bureau de Mexico.
Cette recherche visait à analyser les cadres structurels et les stratégies de vie pour l'intégration résidentielle et professionnelle des migrants, étrangers et mexicains, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis entre 2015 et 2020. Durant cette période, des villes frontalières comme Tijuana et Ciudad Juárez ont connu des changements tant au niveau des pays d'origine que des schémas de mobilité des personnes arrivant en quête de protection internationale, dans un contexte politique défavorable au système d'asile et marqué par la fermeture de la frontière en raison de la pandémie de COVID-19.
Coordonné par Laura Velasco
Participants : Jesús Javier Peña Muñoz – Marie Laure Coubès – María Dolores París Pombo – María Inés Barrios de la O – Lorena Cecilia Mena Iturralde – Emilio Alberto López Reyes – Gabriel Humberto Pérez Duperou
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