Déclaration condamnant le coup d'État institutionnel et les violences sans précédent perpétrées contre la population au Pérou
El Groupe de travail CLACSO Écologie(s) politique(s) du Sud/Abya Yala Cette déclaration dénonce les agissements néfastes de puissants groupes infiltrés au sein du Congrès de la République du Pérou. Ce Congrès a lancé la procédure de destitution de l'ancien président Martín Vizcarra pour des faits qui n'ont fait l'objet d'aucun procès ni d'aucune condamnation, rendant ainsi cette procédure inconstitutionnelle et assimilable à un coup d'État. Dans ce contexte, la grande majorité des députés a voté en faveur de la destitution. De fait, ces députés ont cherché à préserver leur impunité ; nombre d'entre eux (68) font actuellement l'objet d'enquêtes pour corruption, et d'autres sont propriétaires d'universités privées dont l'agrément a été révoqué pour non-respect des normes de qualité requises. Ces députés entendaient bloquer les réformes du système judiciaire, du système universitaire et de la lutte contre la corruption, et remplacer les membres de la Cour constitutionnelle.
Le Congrès a donc nommé Manuel Merino, un homme à la réputation douteuse, président de la République du Pérou, Antero Flores-Araoz (co-responsable de la répression et du massacre des populations autochtones en 2009, connu sous le nom de massacre de Bagua) Premier ministre, et plusieurs ministres issus du monde des affaires pour former son gouvernement. L'indignation du peuple péruvien fut immédiate et des foules sont descendues dans les rues à travers le pays pour protester contre cette grave atteinte à la démocratie.
La réaction du gouvernement de facto a été violente et disproportionnée, entraînant la mort par balle (jusqu'à présent) de deux jeunes gens, faisant des dizaines de blessés, dont certains grièvement, et plus de 40 disparus.
De l' Groupe de travail CLACSO Écologie(s) politique(s) du Sud/Abya Yala Nous élevons la voix et rejetons le coup d'État institutionnel et les violences sans précédent perpétrées contre la population par les forces de police, une population déjà durement touchée par le chômage, la maladie, la pauvreté et l'incertitude engendrée par la pandémie. Plus de 1,5 million de Péruviens ont perdu leur emploi et plus de 70 000 sont décédés des suites de la pandémie et d'un système de santé publique quasi inexistant. Nous appelons à une résolution pacifique de la crise, respectueuse des droits humains, de la dignité et de la justice socio-environnementale.
Nous appelons le Congrès actuel à respecter le système démocratique, à respecter les réformes des systèmes judiciaire et universitaire, à poursuivre la lutte contre la corruption, à respecter la Cour constitutionnelle, à respecter les élections générales d'avril 2021, à nommer des députés approuvés par le peuple péruvien, à s'abstenir de toute répression violente contre les manifestants, à respecter le droit de manifester pacifiquement et à enquêter sur les responsables de la répression et des meurtres de manifestants et à les punir.
Pour défendre la vie, oui, nous le pouvons !
Tout notre soutien à la lutte du peuple péruvien.
Novembre 16 2020
Groupe de travail CLACSO
Écologie(s) politique(s) du Sud/Abya Yala
Cette déclaration exprime la position du groupe de travail Écologie(s) politique(s) du Sud/Abya Yala et pas nécessairement celle des centres et institutions qui composent le réseau international CLACSO, de son Comité directeur ou de son Secrétariat exécutif.
