Appel à contributions brèves pour le Bulletin n° 8 : Initiatives de l’exil pour la préservation de l’héritage de la Commission de vérité de Colombie
Groupe de travail du CLACSO sur les migrations et les frontières Sud-Sud
Bulletin : Mouvements migratoires Sud-Sud. Frontières, trajectoires et inégalités
Année 3 – Numéro 8 Initiatives menées depuis l'exil pour perpétuer l'héritage de la Commission de la vérité en Colombie
El Bulletin : Mouvements migratoires Sud-Sud. Frontières, trajectoires et inégalités Elle invite à recevoir des contributions sous forme de récits d'expériences, d'essais théoriques et critiques, de récits communautaires et personnels, de textes artistiques et de chroniques photographiques.
L’invitation, outre le fait qu’elle s’adresse aux chercheurs, s’étend tout particulièrement aux individus, organisations et associations de réfugiés et d’exilés, ainsi qu’aux individus et groupes de la société civile qui ont été et continuent d’être liés au processus de Commission de vérité de Colombie.
Le rapport de la Commission colombienne pour la clarification de la vérité, la coexistence et la non-répétition (CEV) accorde une importance particulière à l'exil. Non seulement il consacre l'un de ses onze volumes à retracer l'histoire du conflit du point de vue de ceux qui ont dû fuir le pays, mais il définit également l'exil – une première pour une commission de vérité – comme une violation des droits humains. La CEV s'est attachée à rendre visible l'histoire d'une partie du pays oubliée, minimisée et occultée grâce à un travail systématique mené dans 24 pays par des exilés, des réfugiés, des collectifs et des associations de victimes. Actuellement, dans le cadre de l’héritage de la Commission, dont le mandat s’est achevé en 2022, de nombreuses initiatives ont été lancées qui rassemblent les personnes exilées, la société civile et le monde universitaire dans des processus de diffusion du rapport, des initiatives de mise en œuvre des recommandations qui y figurent et de nouveaux processus de recherche de la vérité qui, dans certains cas, semblent liés aux actions toujours en cours de la Juridiction spéciale pour la paix (JEP) et de l’Unité de recherche des personnes déclarées disparues (UBPD).
Les attentes suscitées par les près de quatre années de travail du CEV, la publication de son rapport et ses recommandations demeurent vives au sein d'une population qui, confrontée à de nouvelles opportunités de se faire entendre et de proposer des améliorations à ses conditions de vie à l'étranger, ainsi que d'exercer une influence politique sur les événements en Colombie, vit dans l'angoisse d'une violence incessante. Cette situation rend non seulement un retour en toute sécurité impossible, mais continue également de contraindre des dizaines de milliers de personnes à fuir, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, engendrant d'innombrables tensions.
C’est dans ce contexte ambivalent que cette question de Bulletin « Mouvements migratoires Sud-Sud : frontières, trajectoires et inégalités » La revue accepte des contributions sous divers formats : récits d’expériences personnelles, communautaires ou associatives ; textes utilisant un langage artistique tel que la photographie ou le documentaire ; œuvres littéraires ; et essais universitaires. Outre les chercheurs, l’appel à contributions s’adresse plus particulièrement aux personnes, organisations et associations de réfugiés et d’exilés, ainsi qu’aux personnes et groupes de la société civile qui ont été et continuent d’être impliqués dans ce processus. La publication acceptera les textes rédigés dans les langues officielles de la CLACSO (portugais et espagnol), et dans d’autres langues d’Amérique latine et des Caraïbes, y compris les langues des peuples autochtones.
Nous recherchons des contributions descriptives et analytiques, toujours dans une perspective critique. L’objectif est d’intégrer diverses voix et interprétations des initiatives d’organisation sociale et politique émanant des exilés colombiens, en s’appuyant sur la dynamique de la Commission Vérité et Réconciliation et son rapport final, et en explorant comment ces initiatives, malgré un contexte toujours hostile, contribuent à créer des espaces de construction collective du sens des événements passés et d’un avenir où la non-répétition est possible.
Les contributions peuvent être élaborées en s'appuyant sur les principes directeurs suivants :
- Nouveaux processus organisationnels des populations exilées autour du processus de paix, du travail du CEV et du rapport final.
- Revendications actuelles des populations exilées à l'égard du gouvernement colombien concernant les recommandations du rapport du CEV.
- Actions organisées pour sensibiliser et faire connaître la situation des populations colombiennes exilées et réfugiées
- Actions visant à diffuser le contenu du rapport CEV
- Participation politique/émergence d'acteurs politiques en exil
- Espaces actuels d’influence depuis l’étranger. Renforcement et/ou transformation de ces espaces dans le cadre du processus de paix (par exemple, Forum international des victimes ; Réseau colombien des victimes pour la paix en Amérique latine et dans les Caraïbes).
- Débats critiques depuis l'exil sur le rapport du CEV et la mise en œuvre de ses recommandations
- Initiatives en exil sur les étapes à venir et leur relation avec les recommandations du rapport CEV
- Actions et projets visant à mettre en relation la population exilée avec le JEP et/ou l'UBPD
Ce numéro est coordonné par Carmen Gómez, Cécile Mouly et Vanessa Paredes.
Expédition et renseignements : [email protected]