Communiqué contre le génocide des Noirs africains et position sur l'assassinat de Moïse Kabamgabe
Nous croyons sans illusion que ce communiqué ne sera pas le dernier manifeste contre le génocide des Noirs africains en Amérique latine. Organes de travail, territoires et résistances du CLACSOComme nous le réaffirmons dans nos constructions collectives, nous luttons pour la vie et nous nous tournons vers des stratégies et des existences ancestrales, plutôt que vers le rythme colonial qui se poursuit et persiste.
C’est pourquoi, collectivement, nous constatons et, avec les mots de deux étudiants africains du campus UNILAB de Malês, nous manifestons et rendons publique une mort assassinée en raison du racisme anti-noir au Brésil : l’assassinat de Moïse KabamgabeL’incident s’est produit la semaine dernière, dans un kiosque où il travaillait, à Barra da Tijuca, Rio de Janeiro.
Moïse, un jeune Congolais de 24 ans qui réclamait son salaire pour ses journées de travail au kiosque, a été brutalement assassiné par trois hommes, sous les yeux de passants qui sont restés passifs. Ce n'est que maintenant, une semaine après son assassinat, que les autorités et une grande partie de la presse ont commencé à relayer l'information, souvent de manière irrespectueuse, en y ajoutant des propos qui suggèrent des raisons et des justifications à ce meurtre.
Nous comprenons qu'il s'agit d'une communication diffusée par les réseaux du CLACSO, et également d'une invitation à la communauté intellectuelle engagée dans des changements sociaux urgents. Ces changements ne peuvent être abordés quotidiennement sans une position antiraciste de toutes et tous. Il est impératif de ne plus considérer le génocide des Noirs africains et les deux peuples autochtones comme de simples sujets d'étude, mais d'assumer la responsabilité d'agir dans tous les espaces de vie contre les assassinats, le musellement et les violences qui se produisent, de plus en plus, au sein des familles et des communautés noires africaines, sur tout le continent et dans le système mondial. Par ailleurs, ce communiqué s'inscrit dans le cadre des actions mobilisées par de multiples secteurs du Mouvement Noir du Brésil et du monde, en signe de solidarité et comme un appel à repenser l'inaction face à la progression quotidienne de deux assassinats et à la répression de deux formes de colonisation en cours.
Nous partageons ci-dessous le manifeste de l'Association des Étudiants et Amis de l'Afrique (ASEA), en lien avec l'assassinat de Moïse. Nous vous informons que le 5 février, des mobilisations nationales et internationales auront lieu afin de sensibiliser davantage le monde à ce vol de vies noires africaines. Ce manifeste est aussi un appel à repositionner nos actions, tant théoriques que pratiques, face aux multiples génocides en cours.
8 de Février 2022
Groupe de travail CLACSO
Corps, territoires, résistances
ANNEXE
NOTE DE REPUDIO DE L'ASSOCIAÇÃO DE ESTUDANTES E AMIGOS DA AFRIQUE (ASEA) – São Francisco do Conde, Bahia, Brésil.
Par mes médias sociaux, je me suis rendu compte que malheureusement, je rejoignais l'Association des étudiants et amis d'Afrique (ASEA) dans l'épisode de l'assassinat de Barbara. Moïse Mugenyi Kabagambe, Congolais résidant à Rio de Janeiro, il a été brutalement et totalement privé, le 24 janvier 2022, des conditions nécessaires pour profiter de la vie.
L'incident s'est produit dans deux kiosques de Barra da Tijuca, à Rio de Janeiro, alors que la victime tentait de récupérer les gains de ses activités de travail effectuées dans l'établissement.
De manière récurrente et très regrettable, cet épisode s'inscrit dans nos mémoires comme un autre cas de grave violation des droits humains des migrants résidant au Brésil, mettant en lumière le profil socio-racial qui a été historiquement victime de ce type de violence.
Bien qu'il existe des tables normatives internationales et des lois nationales pour meio dos quais ou que le Brésil ait pris des engagements pour garantir deux droits des réfugiés – voir la Convention relative au statut des réfugiés de l'Organisation des Nations Unies/1961 à sa propre loi sur la migration/2017 – des épisodes de ce type constituent toujours des protections permanentes à la pleine joie de la protection que Moïse Mugenyi Kabagambe a recherchée et finalement trouvée au Brésil.
J’aspire à une intégration pleine et entière des communautés et des valeurs humaines entre nos piliers essentiels, réaffirmons-le :
- Une condamnation veemente ao que ruu a vida de Moïse Kabagambe;
- De nos voix, nous lançons un appel aux autorités pour que justice soit faite, tant au niveau national qu'international, afin d'assurer une protection familiale légale et équitable.
- Nous offrons notre solidarité à toutes les communautés congolaises résidant au Brésil, avec nos plus profonds regrets et nos demandes de justice pour les familles.
- Nous rappelons et encourageons la nécessité pour chaque société de participer, sans changement immédiat et incessant, à la lutte contre toutes les formes et motivations de discrimination, en vue d'une coexistence plus juste et plus humaine entre les peuples. São Francisco do Conde – Bahia, février 2022.
Cette déclaration exprime la position du groupe de travail Corps, territoires et résistances et pas nécessairement celle des centres et institutions qui composent le réseau international CLACSO, de son Comité directeur ou de son Secrétariat exécutif.
