Le Chili a le choix entre deux modèles
Ce dimanche 19 décembre, le Chili choisira son prochain gouvernement pour les quatre prochaines années : Gabriel Boric, candidat de la coalition « Approuvons la dignité », qui regroupe le Front large et le Parti communiste, et José Antonio Kast, du Parti républicain. Afin d’analyser la situation actuelle et les perspectives d’avenir, les participants se sont réunis le 15 décembre à l’InfoCLACSO. Miguel Urrutia, universitaire au département de sociologie de l'Université du Chili et membre de la Gauche libertarienne, et Isabel Piper, membre du CD de la région Chili et Pérou de la CLACSO, qui a souligné la nécessité de préserver et d'approfondir la Convention constitutionnelle en cours.
Interviewé par Gustavo Lema
Isabel Piper estime que dimanche 19, « les enjeux sont considérables, et par considérables, j'entends fondamentalement le développement et le succès de la Convention constitutionnelle. Personnellement, et avec d'autres collègues, nous pensons que l'un des éléments fondamentaux à défendre en ce moment est le développement de cette Convention. De ce point de vue, il ne fait aucun doute que le candidat capable de mener la Convention constitutionnelle à son terme est Gabriel Boric. José Antonio Kast ne peut pas la dissoudre par décret, mais il peut entraver son fonctionnement au point de la faire disparaître d'elle-même. C'est ce qu'il a déjà laissé entendre, non pas publiquement, mais dans diverses communications. N'oublions pas qu'il est un candidat qui a voté contre la réforme constitutionnelle et qui a toujours affirmé qu'il ne la jugeait pas opportune. Je ne pense pas que cette élection entraînera un changement structurel du modèle du pays. Cette possibilité pourrait venir de la Convention constitutionnelle. »
La Convention constitutionnelle, a soutenu Miguel Urrutia, « est un débat procéduralement complexe, compte tenu du défi que se sont fixés les délégués : en faire un processus participatif. Il existe une initiative populaire en faveur de normes constitutionnelles qui doivent être traitées par cette Convention. En ce sens, nous sommes confrontés à un défi qui exige une compréhension mutuelle. La situation est urgente ; cette Convention constitutionnelle doit rédiger rapidement cette nouvelle Constitution. À mon sens, il ne peut s'agir d'une Constitution minimale ; elle comporte suffisamment d'éléments pour être une Constitution solide, définissant un cadre dans lequel nous, les forces en présence, pouvons agir démocratiquement, sans nous imposer quoi que ce soit, mais aussi sans occulter les conflits majeurs et les profondes blessures de la société chilienne. Nous affronterons tous ensemble cette menace, cela est certain, car elle est bien réelle, et elle ne disparaîtra pas si Gabriel Boric l'emporte. De toute évidence, il sera un allié ; il soutiendra le processus constitutionnel, mais nous savons que la droite, et l'extrême droite, disposent également d'autres mécanismes pour le contrer. »
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